Ces livres indisponibles…

Pour diverses raisons, on ne peut plus acheter certains livres. Parfois, on a quand même envie de les lire. Vous pouvez donc télécharger mes histoires ci-dessous gratuitement, mais sans images car celles-ci appartiennent aux illustrateurs.

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JE EUX JOUER AU FOOT !

— Le foot, c’est pas pour les filles ! affirme Sébastien en haussant les épaules. Tu peux pas jouer avec nous !
A bout d’arguments, je me tourne vers Hugo pour chercher son soutien. Hugo, c’est un as du foot, mais c’est aussi mon voisin et, plus d’une fois, il est venu s’entraîner avec Papa et moi dans notre jardin.
— Dis-leur, toi, que mes tirs du pied gauche, ce sont de vrais boulets de canon !
Hugo écarte les mains d’un air impuissant et me fait une petite grimace découragée :
— Tu sais, Camille, les équipes sont déjà faites et…
— Bon d’accord, j’ai compris !
Je jette à la ronde un regard méprisant et tourne les talons avec une dignité de reine offensée. Le coup d’envoi du match propulse le ballon à travers le terrain et j’ai l’impression que c’est dans mon coeur que l’on a shooté. Je rafle mon cartable et balaie la cour du regard pour trouver celle qui, toujours, comprend tout : ma copine Laurie.
C’est la première récréation de l’année et il règne sous les marronniers une agitation fiévreuse. Chacun et chacune tient à raconter ses vacances, chuchote son petit commentaire sur les maîtres et les maîtresses, montre ses nouvelles baskets, pour quelques instants encore flambant neuves. Dans un coin de la cour, une dizaine de filles s’est rassemblée. Au centre de ce groupe s’agite une cascade de cheveux dorés, retenue par une énorme barrette de caoutchouc cerise en forme d’hippocampe. Dessous, je sais que je trouverai Laurie.
Je dois jouer des coudes pour l’approcher. Dès qu’elle m’aperçoit, elle passe son bras sous le mien et m’entraîne à l’écart.
— Camille ! Enfin ! J’ai eu une idée top cool que tu vas adorer. — Ah ? Moi je…
Mais autant essayer de freiner un train en marche en s’agrippant à la portière que de couper la parole à Laurie.
— On va monter un groupe de danse ! Ce sera trop bien ! J’en ai déjà parlé à la directrice, elle est d’accord pour nous laisser la salle de gym à l’heure du déjeuner.
— Bon, mais je préf…
— Figure-toi qu’on pourra amener nos musiques ! On choisira des tenues assorties, on créera une chorégraphie et on la présentera dans un éblouissant ballet de fin d’année. Génial, non ?
J’observe d’un air morne la queue de cheval blonde et son hippocampe danser la gigue sur la tête de Laurie.
— J’ai pensé à des justaucorps vert fluo avec des collants fuchsia. Ça jetterait non ?
Soudain ma meilleure amie daigne s’apercevoir que je ne déborde pas d’enthousiasme.
— Qu’est-ce qui te prends ? Tu préfères jaune et violet, c’est ça ?
— Non. Je préférerais jouer au foot avec les garçons.
Les grands yeux bleus de Laurie s’écarquillent de dégoût.
— Au foot ! Avec les garçons ! Quelle horreur !

Une fille fan de foot

Illustrations de Joëlle Passeron, paru dans le magazine Les p’tites Sorcières, Fleurus 2003, 2015 et en roman Pocket Jeunesse 2004.

C’est l’histoire d’une fille qui veut jouer au foot avec les garçons, inspirée par ma fille Coline. Lorsqu’elle avait dix ans, elle insista pour s’inscrire au club de foot de notre quartier où jouaient 150 garçons et, jusqu’à elle, 0 fille. C’était au début des années 2000.

Aujourd’hui, il y a des filles dans la plupart des clubs et même des équipes uniquement féminines. Et pourtant, quand je vais dans des classes, j’entends souvent râler les filles parce que les garçons ne veulent pas les laisser jouer avec eux dans la cour. Les garçons protestent alors que les filles sont nulles et qu’elles ne touchent pas une balle. J’ai donc un message pour les garçons : il faut que les filles jouent pour savoir jouer. Ça a l’air bête, mais c’est comme ça. L’entraînement, toujours l’entraînement ! Vous y gagnerez : les joueuses sont réputées pour la technicité et l’élégance de leur jeu.

Ma joueuse préférée !

Le rêve du professeur Borax

Illustrations de Lola Roig, éditions Bulles de savon, 2014

Un soir, le professeur Borax, un savant très très très sérieux, tomba endormi, le nez dans ses formules chimiques. Et dans son rêve, est-ce possible ?, il se trouva nez à groin avec Simon-le-cochon, le cochon en tissu de son enfance.

Une histoire pour les enfants qui commencent à lire tous seuls.

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— Salut Amédée ! Ça fait un bail…
Le professeur Borax sursauta.
— Qui parle ?
— Ben, c’est moi ! dit un cochon en pointant son groin derrière un alambic à vinaigre. Tu ne reconnais pas ton vieux pote ?
— Mais… Je n’ai jamais été ami avec un porc ! s’indigna le professeur Borax.
— Jamais ? fit le cochon, l’air peiné. C’est vrai que j’étais un peu plus neuf à l’époque. Tu ne te souviens pas quand tu m’as posé trop près du radiateur à gaz et que j’ai eu la fesse roussie ?
Le cochon se retourna pour montrer la tache brune qui ornait son postérieur rebondi.
— Et quand tu avais peur dans le noir, tu me…
— Je vous en prie, Monsieur… heu…
— Simon ! Simon-le-cochon ! C’est toi qui m’as donné ce nom, le jour où on s’est rencontrés.
— Simon ? Le professeur Borax n’en croyait pas ses yeux. Tu ne peux tout de même pas être le cochon en tissu que… Non, je rêve !
— Ça c’est sûr, sinon on ne pourrait pas se parler, grogna Simon en haussant les épaules. T’as toujours été un malin, Dédé ! ajouta-t-il narquois.
— Je vous interdit de m’appeler comme ça ! Nous avons peut-être été vaguement copains, mais c’était il y a presque quarante ans et… et…
— Et ?
— Et je n’ai jamais aimé qu’on m’appelle Dédé, voilà ! s’énerva le professeur Borax. Si nous devons poursuivre cette conversation, je vous prie de m’appeler, comme tout le monde, Monsieur Le Professeur Borax.
— Ben dis donc, Dédé, non seulement tu rêves, mais en plus tu délires ! soupira Simon-le-cochon. Alors comme ça, t’es devenu prof’ ?
— Pas « prof », mais Professeur, se rengorgea le professeur Borax. Je ne fais pas la classe à des enfants puants, bruyants et malpolis. Je conduis des travaux de recherche en physique et en chimie.
— Oh ! Et tu t’amuses bien ?
— Bien sûr que non. C’est un travail sérieux !
— Alors tu t’amuses avec tes amis de maintenant ! soupira le cochon, un brin jaloux.
— Mais pas du tout, voyons, je n’ai pas d’amis. Je n’ai pas le temps d’avoir des amis !
— Sans blague ? dit le cochon, épaté. Quand est-ce que tu t’amuses alors ?
— Je ne m’amuse pas ! Je ne m’amuse JAMAIS ! hurla le Professeur Borax, soudain hors de lui. Quel rêve idiot ! Perdre tout ce temps à discuter avec un cochon !

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